Le problème de Jordan Bardella, à mes yeux, n’est pas seulement une séquence médiatique difficile. C’est une question de cohérence. Quel projet économique veut-il porter ? Quelle autonomie politique revendique-t-il ? Et sur quelles idées une alliance avec des responsables qui se disent libéraux pourrait-elle reposer ?
Une posture internationale doit être suivie d’une position claire
Dans la séquence avec Nigel Farage que je commente en vidéo, ce qui m’intéresse est la capacité de Jordan Bardella à répondre lorsque les intérêts français sont en jeu. Une proximité politique entre dirigeants de pays différents ne fait pas disparaître leurs divergences nationales.
Je n’ai pas besoin d’attribuer une intention cachée à un silence pour poser la question. Qu’accepte-t-on ? Que refuse-t-on ? Et comment défend-on concrètement sa position face à un partenaire ?
Quand on aspire au pouvoir, cette clarté compte davantage qu’une photo ou une complicité de tribune.
Une alliance doit partir d’un accord sur le programme
Les propos de Sarah Knafo sur une éventuelle participation à un gouvernement RN m’amènent à une autre interrogation : quel socle commun permettrait cette coopération ?
On peut chercher à rassembler. Mais si les uns veulent réduire fortement le poids de l’État et que les autres souhaitent conserver une grande partie du système de dépenses et de redistribution, il faut expliquer l’arbitrage. Les divergences ne disparaissent pas parce que l’on souhaite battre le même adversaire.
Je préfère que l’on dise précisément ce qui sera supprimé, réformé ou financé autrement. Une alliance utile doit produire une politique compréhensible, pas seulement un rapport de force électoral.
Le renouvellement se juge aussi au bilan
Ma revue de presse aborde également Gabriel Attal et les retraites. Plus largement, je suis réservé quand d’anciens responsables découvrent après leur passage au pouvoir les défauts du système qu’ils ont contribué à administrer.
Ils ont le droit d’évoluer. Mais ils doivent expliquer cette évolution : qu’ont-ils appris ? Qu’est-ce qui les a empêchés d’agir ? Que feraient-ils autrement ? Je demande cette honnêteté à tous les camps.
Le débat gagnerait aussi à distinguer le désaccord et la disqualification morale. Nous devons pouvoir contester une proposition sans prétendre que toute contradiction est illégitime.
Mon critère reste la liberté économique
Ce qui me rapproche de David Lisnard, c’est l’articulation entre baisse des contraintes, maîtrise des dépenses et responsabilité. Je ne cherche pas seulement un candidat qui prononce le mot « liberté » devant un public d’entrepreneurs.
Je veux savoir ce que les Français pourront réellement décider davantage : travailler, investir, créer, se loger, préparer leur retraite. C’est à cette aune que je juge le programme de Jordan Bardella comme celui des autres candidats.
Le RN peut chercher à séduire les libéraux. À lui de montrer comment ses propositions se traduisent dans les comptes et dans les règles. Pour l’instant, c’est précisément cette cohérence qui ne me convainc pas.






















