La proposition de supprimer le droit du sol permet à Jordan Bardella d’afficher une ligne nette. Mais une mesure visible n’est pas forcément une réponse suffisante aux problèmes qu’elle prétend régler. Pour ma part, je ne pense pas que le lieu de naissance doive devenir le centre de toute notre politique d’immigration et d’intégration.
Être français ne se réduit pas à une origine
Je défends une conception de la nation qui repose sur une vie commune, une culture partagée et l’adhésion à des règles. L’origine familiale ne peut pas tout expliquer, ni décider à elle seule de la capacité d’une personne à appartenir à notre société.
Cela ne veut pas dire que la nationalité devrait être attribuée sans conditions. Cela signifie que le débat mérite davantage que l’opposition entre ceux qui seraient français par nature et tous les autres.
Je veux une politique capable de distinguer l’entrée sur le territoire, le droit d’y séjourner, l’intégration et l’accès à la nationalité. Ce sont des questions liées, mais différentes.
Maîtriser l’immigration exige une capacité d’action
On peut vouloir réduire et mieux maîtriser les flux, choisir les conditions d’accueil et faire respecter les décisions prises. Mais une annonce ne crée pas automatiquement les moyens administratifs, diplomatiques ou judiciaires nécessaires.
Je préfère que l’on explique comment une règle sera appliquée, avec quels moyens et dans quel cadre, plutôt que de présenter une seule réforme comme la clé de tout le système.
Le recours à un référendum peut permettre de trancher une orientation politique. Il ne remplace pas le travail de mise en œuvre qui vient ensuite.
Le travail doit rester au cœur de l’intégration
Une société qui permet de travailler, d’entreprendre et de progresser offre des perspectives plus solides qu’une société où chacun attend une attribution administrative. C’est pourquoi je relie le sujet migratoire à celui des incitations et de la liberté économique.
Je veux que l’on valorise l’activité et l’effort, que l’on applique les règles communes et que l’on donne une place claire aux droits comme aux devoirs. Cela demande de réformer notre fonctionnement, pas seulement de désigner une catégorie de personnes comme explication générale de nos difficultés.
Le niveau des dépenses, la complexité et les obstacles à l’embauche restent des problèmes politiques, quelle que soit la nationalité des personnes concernées.
Juger tous les programmes avec la même exigence
Dans cette revue de presse, j’interroge aussi les promesses de dépenses et les discours sur la simplification. Mon critère reste le même : quelle cohérence entre les annonces, les moyens et les résultats attendus ?
Une hausse promise doit être financée. Une simplification doit retirer une difficulté réelle. Une réforme de l’immigration doit montrer ce qu’elle améliore concrètement.
Je conteste donc la réponse de Jordan Bardella sur le fond, sans avoir besoin de lui prêter une intention cachée. Je veux une France capable de choisir, d’intégrer et de faire respecter ses règles. Et je ne crois pas que supprimer le droit du sol suffise à construire cette capacité.






















