Quand je dis que je souhaite voir Marine Le Pen perdre une élection, je parle d’un choix politique. Je veux que les électeurs puissent comparer les projets et rejeter celui qui ne les convainc pas. Mon désaccord avec le RN ne se résume donc pas aux controverses ou aux procédures judiciaires. Il porte d’abord sur son modèle économique.
Un débat politique ne se réduit pas à un calendrier judiciaire
Dans ma vidéo, je distingue mon opposition au programme de Marine Le Pen de mon regard critique sur l’inéligibilité comme sanction. Je préfère que le désaccord politique soit tranché dans les urnes. Cela ne signifie pas que les responsables politiques devraient échapper à la justice.
Les infractions doivent pouvoir être jugées, et le cadre légal applicable ne disparaît pas parce qu’une personnalité est candidate. Mon propos est une position de principe sur l’équilibre entre sanction judiciaire et choix démocratique.
Il ne constitue pas un point d’actualité sur une procédure ou sur l’éligibilité d’une candidate, qui doivent être vérifiées au moment concerné.
Changer les bénéficiaires ne suffit pas à changer de modèle
Ce que je reproche au RN, c’est de ne pas remettre suffisamment en question le poids de l’État, des dépenses et de la redistribution. On peut vouloir modifier les priorités d’un système tout en conservant son architecture.
Or ma question est différente : comment permettre à chacun de vivre davantage de son travail, de se constituer un patrimoine et de dépendre moins des arbitrages publics ?
Répondre par l’immigration à une partie des difficultés ne suffit pas à financer les retraites, simplifier l’administration ou rendre l’investissement plus facile. Ces sujets demandent des réformes propres, avec leurs conséquences et leurs arbitrages.
Le mot « liberté » doit correspondre à des décisions
Je ne suis pas convaincu par un changement de présentation qui ne s’accompagnerait pas d’un changement clair dans les propositions. Que Jordan Bardella cherche à parler aux entrepreneurs est une chose. Ce que le RN ferait des dépenses, des prélèvements et des règles en est une autre.
Je veux que l’on puisse lire une trajectoire cohérente : quelles dépenses baissent, quelles obligations disparaissent, quels prélèvements sont allégés et comment la transition est financée ?
Cette exigence vaut aussi pour les anciens responsables gouvernementaux qui reviennent se présenter comme libéraux. Leur bilan doit faire partie de la discussion.
Construire une alternative plutôt qu’attendre un rejet
Mon soutien à David Lisnard repose sur cette recherche d’un projet de liberté économique. Je veux une alternative positive : du travail mieux récompensé, une puissance publique recentrée et des citoyens davantage responsables de leur avenir.
Je ne prétends pas connaître le résultat d’une présidentielle à l’avance. Une victoire se construit, et un programme doit convaincre au-delà de ceux qui le soutiennent déjà.
Ce que je souhaite, c’est que Marine Le Pen soit contestée sur le fond. Expliquer pourquoi son modèle ne me convient pas, puis proposer autre chose : c’est plus exigeant qu’un slogan de rejet, mais c’est le débat que les Français méritent.






















