On nous explique souvent que le déclin français serait inévitable. La mondialisation, l’Europe, la Chine, les autres : il y aurait toujours une raison extérieure qui nous empêcherait de réussir. Je refuse cette résignation. Nous avons encore des cartes en main. Encore faut-il accepter de regarder nos propres choix.
Un héritage ne remplace pas un projet d’avenir
Le nucléaire, le ferroviaire, l’aéronautique, les savoir-faire industriels : la France possède un héritage considérable. Mais on ne prépare pas les prochaines décennies en récitant uniquement les réussites des précédentes.
Une famille peut disposer d’un beau patrimoine et l’épuiser progressivement si elle consomme davantage qu’elle ne construit. Un pays peut, lui aussi, vivre sur ses acquis tout en laissant se dégrader les conditions de sa prospérité future.
Ce qui m’intéresse, ce n’est donc pas seulement ce que la France a été capable de faire. C’est ce qu’elle permet aujourd’hui à ceux qui veulent entreprendre, investir, produire et transmettre.
Évaluer l’État sur ce qu’il rend possible
Dans le débat public, on confond trop souvent les moyens annoncés et les résultats obtenus. Un budget supplémentaire devient une preuve de volonté. Une nouvelle structure devient une réponse. Mais le citoyen, lui, attend un service qui fonctionne.
Il ne s’agit pas d’accuser l’enseignant, l’infirmière ou le policier. Ces professionnels peuvent être les premiers à subir les procédures, les tâches répétitives et les décisions éloignées du terrain. La question est celle de l’organisation et des priorités.
Je veux un État qui assume la sécurité, la justice, la défense, l’instruction et les infrastructures dont le pays a besoin. Pour y parvenir, il faut aussi accepter de lui demander moins de choses là où il intervient inutilement ou complique l’action des autres.
Donner aux talents une raison de construire ici
Nous aimons nous féliciter des Français qui réussissent à l’étranger. Très bien. Mais demandons-nous aussi pourquoi certains trouvent ailleurs un environnement plus favorable à leurs projets.
Créer une entreprise suppose déjà de convaincre des clients, recruter, financer son activité et prendre des risques. Si l’on y ajoute des règles instables et des prélèvements qui découragent l’investissement, on rend le parcours encore plus difficile.
Libérer l’économie française, pour moi, signifie rendre ces projets possibles ici. Cela passe par des règles prévisibles, une fiscalité plus lisible et une meilleure rémunération de l’effort. La réussite d’un entrepreneur n’est pas automatiquement une perte pour son voisin : elle peut aussi devenir un emploi, une innovation ou un service supplémentaire.
Préparer ce que nous transmettrons
On ne relèvera pas le pays avec une simple invitation à être optimiste. Il faut des décisions, des arbitrages et une méthode. Réduire les dépenses les moins utiles pour dégager des marges. Simplifier les procédures pour rendre du temps. Favoriser l’investissement pour produire davantage demain.
Je suis père de deux enfants. Quand je parle de croissance ou de dette, je pense aussi au pays dans lequel ils construiront leur vie. Je ne veux pas leur transmettre uniquement la facture de nos renoncements.
La France n’est pas condamnée. Mais personne ne retrouvera notre liberté économique à notre place. À nous de créer les conditions pour que le travail et l’initiative redeviennent des promesses d’avenir.






















