Quand Bruno Le Maire décrit les difficultés économiques françaises, ma première réaction est simple : vous étiez aux responsabilités. On peut trouver un diagnostic pertinent tout en demandant à celui qui le formule de répondre de son action passée. Pour moi, la crédibilité économique commence là.
Un bilan n’est pas une responsabilité solitaire
Les décisions d’un gouvernement ne dépendent pas d’un seul ministre. Il existe un président, un Premier ministre, un Parlement, des crises et des arbitrages collectifs. Je ne prétends donc pas attribuer à Bruno Le Maire chaque difficulté ou chaque euro de dette.
Mais cette responsabilité partagée n’efface pas sa participation aux décisions. Lorsqu’on occupe durablement un poste central dans la politique économique, on ne peut pas ensuite parler du résultat comme si l’on avait été un simple observateur.
Ce que j’attends, c’est une explication : quelles décisions assume-t-il ? Quelles erreurs reconnaît-il ? Et pourquoi les nouvelles propositions produiraient-elles un autre résultat ?
Une baisse d’impôts durable exige un choix sur les dépenses
Je suis favorable à la baisse des prélèvements. Mais elle ne suffit pas à définir une politique libérale. Si l’on maintient toutes les dépenses et que l’on finance l’écart par l’emprunt, on déplace une partie du problème vers l’avenir.
De la même manière, chaque difficulté ne doit pas devenir le prétexte à inventer une contribution supplémentaire. Une recette présentée comme exceptionnelle peut créer une dépendance politique : une fois l’argent intégré aux dépenses, revenir en arrière devient difficile.
Je veux donc que l’on explique aussi ce que l’État cessera de faire, ce qu’il fera autrement et comment les économies annoncées seront obtenues.
La générosité volontaire et l’impôt sont deux choses différentes
Dans les débats sur l’effort demandé aux plus fortunés, il faut être précis. Encourager un don ou du mécénat ne revient pas à créer un prélèvement obligatoire. Le caractère volontaire change la nature de la proposition.
Ma critique vise le réflexe qui consiste à chercher systématiquement une nouvelle ressource avant de remettre en question les dépenses. Je préfère permettre à ceux qui travaillent de conserver davantage de leur revenu plutôt que leur promettre une redistribution financée par la prochaine contribution.
Cela n’interdit pas la solidarité. Cela impose de discuter de son financement et de ses effets avec clarté.
Le renouvellement politique ne se décrète pas
Changer de ton, publier des propositions ou adopter un nouveau diagnostic ne suffit pas à effacer un passage au pouvoir. Les Français ont le droit de demander une continuité entre les paroles et les actes.
C’est aussi pour cela que je regarde avec intérêt les responsables qui défendent depuis longtemps une réduction de la bureaucratie et du poids des dépenses. Dans mon engagement pour David Lisnard, la cohérence compte davantage que la nouveauté d’un slogan.
Bruno Le Maire a le droit de défendre une nouvelle orientation. Mais il doit convaincre à partir de son bilan, pas en demandant qu’on l’oublie. Je ne veux plus juger une politique économique uniquement sur la qualité de sa présentation. Je veux regarder ses résultats et les choix qu’elle assume.






















