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Wauquiez, Philippe : quelle droite derrière les alliances ?

Édouard Philippe lors des cérémonies du 11 novembre 2017
Édouard Philippe lors des cérémonies du 11 novembre 2017. Photo : Rémi Jouan / Wikimedia Commons · CC BY 4.0. Cadrage adapté.

Quand Laurent Wauquiez et Édouard Philippe se rapprochent politiquement, le commentaire se concentre vite sur les places, les stratégies et les chances de victoire. Mais une question m’intéresse davantage : pour mener quelle politique ? Une alliance n’a pas beaucoup de sens si personne ne sait ce qu’elle change pour le pays.

Se rassembler suppose de choisir une direction

Je comprends qu’en politique il faille réunir des sensibilités différentes. Aucun projet ne peut avancer avec la seule satisfaction d’avoir raison entre convaincus. Mais le rassemblement doit avoir un contenu.

Si l’on veut réduire les dépenses publiques, lesquelles ? Si l’on promet davantage de liberté économique, quelles règles seront modifiées ? Si l’on annonce une réforme sociale, qui la finance et comment se déroule la transition ?

Sans ces réponses, le rassemblement risque de devenir un objectif autonome : on se réunit pour être ensemble, puis on remet le choix du programme à plus tard.

La droite économique doit assumer ses arbitrages

Une droite qui se dit favorable au travail et à l’entreprise ne peut pas se contenter d’un discours. Elle doit regarder ce qui réduit le revenu disponible, ralentit les projets ou décourage l’investissement.

Cela implique des décisions difficiles. Réformer la dépense signifie remettre en question des dispositifs qui ont des bénéficiaires et des défenseurs. Simplifier suppose de retirer certaines obligations, pas uniquement de créer un guichet supplémentaire.

Je préfère que ces désaccords soient discutés franchement avant une élection plutôt que découverts au moment de gouverner.

Les anciens responsables doivent expliquer leur bilan

Édouard Philippe a exercé des responsabilités gouvernementales. Cela peut lui donner une expérience utile, mais cela oblige aussi à répondre de choix passés. Je demande la même chose à tous ceux qui ont participé au pouvoir.

Il ne s’agit pas de prétendre qu’une personne aurait décidé seule de tout. Il s’agit de ne pas confondre expérience et dispense de justification. Une nouvelle orientation doit expliquer ce qui change et pourquoi elle pourrait produire d’autres résultats.

Les scénarios de candidature évoluent. Je préfère donc juger une logique politique plutôt que traiter une configuration électorale du moment comme une situation définitive.

Je veux des convictions qui précèdent les accords

Mon intérêt pour David Lisnard vient notamment de sa constance sur la liberté économique et la bureaucratie. Un projet clair peut ensuite servir de base à un rassemblement. Dans l’autre sens, on risque de négocier une alliance dont les idées deviennent la variable d’ajustement.

Je ne demande pas une pureté qui rendrait toute coopération impossible. Je demande que les compromis restent compréhensibles et qu’ils permettent une action cohérente.

Les Français n’ont pas seulement besoin de connaître le prochain arrangement à droite. Ils ont besoin de savoir ce qui deviendra plus simple, ce qui sera mieux financé et ce qu’ils pourront décider davantage dans leur vie. C’est sur ces réponses que je souhaite juger les alliances.

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