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OTAN : l’Europe doit pouvoir assurer davantage sa défense

Drapeau européen sur fond de ciel bleu
Photo : Alexey Larionov / Unsplash · Licence Unsplash. Cadrage adapté.

Quand Donald Trump remet en question la fiabilité de l’engagement américain, les Européens ne peuvent pas se contenter de commenter le ton employé. Une alliance militaire repose aussi sur la confiance dans ce que les partenaires feront en cas de crise. Si cette confiance devient incertaine, il faut regarder nos propres capacités.

Une alliance ne remplace pas une capacité de défense

L’article 5 de l’OTAN prévoit une assistance en cas d’attaque armée, chaque allié prenant les mesures qu’il juge nécessaires. Il ne programme pas une réponse militaire identique et automatique de tous les membres. C’est ce qu’explique l’OTAN dans sa présentation de la défense collective.

La force de l’engagement dépend donc aussi de sa crédibilité politique et des moyens disponibles. Un traité ne produit pas à lui seul des stocks, des équipements ou des forces prêtes à agir.

Je souhaite que l’alliance reste solide. Mais la meilleure manière d’y contribuer est aussi de prendre notre part de responsabilité.

L’autonomie européenne n’est pas un rejet des États-Unis

Vouloir être capable de se défendre davantage ne signifie pas vouloir rompre avec un allié. Cela signifie ne pas faire dépendre toute sa sécurité d’un choix politique sur lequel on n’a pas la maîtrise.

L’Europe dispose d’industries, de compétences et de ressources importantes. Le problème n’est pas une absence totale de capacités. Il concerne aussi leur organisation, leur disponibilité et leur complémentarité.

Je peux donc partager l’objectif d’autonomie stratégique défendu par Emmanuel Macron sans approuver l’ensemble de sa politique. Une idée doit être discutée pour ce qu’elle permet, pas uniquement selon l’identité de celui qui la porte.

Acheter des équipements, c’est aussi choisir une dépendance

Un avion ou un système de défense n’est pas seulement un objet livré un jour. Il nécessite de la maintenance, des pièces, des munitions, des mises à jour et des compétences sur la durée.

Ces dépendances doivent entrer dans les décisions d’achat. Il n’est pas nécessaire d’inventer un mécanisme de désactivation à distance pour comprendre qu’un approvisionnement extérieur peut peser sur la liberté d’action.

Soutenir les capacités industrielles européennes et préserver des savoir-faire stratégiques répond donc à un besoin concret. Il faut aussi veiller à la qualité des équipements et à leur capacité à fonctionner ensemble.

Passer des annonces à la préparation

Augmenter un budget peut être nécessaire, mais cela ne garantit pas immédiatement une défense plus efficace. Il faut des objectifs, des commandes cohérentes, une capacité industrielle et des personnels formés. Il faut surtout tenir cet effort dans la durée.

Le débat sur la dépense publique trouve ici une application directe. Je souhaite que l’État concentre ses moyens sur les missions dont dépendent notre sécurité et notre liberté, plutôt que de prétendre tout prendre en charge avec la même priorité.

L’Europe n’a pas à choisir entre l’impuissance et la rupture avec les États-Unis. Elle doit devenir un partenaire capable d’agir. Une alliance entre pays qui assument leurs responsabilités sera plus crédible qu’une relation fondée sur l’espoir que quelqu’un d’autre sera toujours disponible pour les défendre.

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