Dimanche 27 septembre, il y avait des élections en France. Vous n’étiez pas au courant ? Si vous n’êtes pas grand électeur, vous n’étiez tout simplement pas appelés aux urnes. C’étaient les élections sénatoriales de 2026. Un scrutin discret, mais politiquement beaucoup plus intéressant qu’il en a l’air.
Pourquoi le Sénat reste-t-il presque toujours à droite ? Comment un sénateur peut-il être réélu avec près de 60 % des voix dans un département politiquement partagé ? Et surtout, pourquoi ces résultats sont-ils une bonne nouvelle pour David Lisnard et Nouvelle Énergie ? Voici les cinq leçons que j’en retiens.
1. Les sénatoriales mesurent d’abord le poids des élus locaux
Pour comprendre les résultats, il faut commencer par comprendre qui vote. Les députés sont élus directement par les Français. Les sénateurs, eux, sont choisis par des grands électeurs : députés, sénateurs, conseillers régionaux et départementaux, mais surtout représentants des communes.
Pour ce renouvellement de 2026, le Sénat recense 93 469 grands électeurs, dont plus de 95 % de délégués des conseils municipaux. On renouvelait 178 sièges sur 348. Chaque sénateur est élu pour six ans, avec un renouvellement par moitié tous les trois ans.
Et le mode de scrutin change selon le département. Un ou deux sièges à pourvoir : scrutin majoritaire à deux tours. Trois sièges ou plus : scrutin de liste à la proportionnelle. Dans le premier cas, être élu dès le premier tour exige la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de voix au moins égal au quart des inscrits.
Autrement dit, un score aux sénatoriales ne se lit pas comme un résultat présidentiel. Ce scrutin mesure une implantation auprès des élus locaux. Vous pouvez être très visibles sur les plateaux télé et beaucoup moins présents dans les communes.
2. La stabilité du Sénat a un intérêt, à condition de servir à quelque chose
Ce poids des territoires explique largement la stabilité du Sénat, traditionnellement dominé par la droite et le centre. Sous la Ve République, la gauche n’y a été majoritaire que de 2011 à 2014. Les rapports de force municipaux comptent ici beaucoup plus que les sondages de la semaine.
Une dissolution peut bouleverser l’Assemblée nationale. Le Sénat, lui, ne peut pas être dissous et se renouvelle progressivement. C’est une chambre qui avance à un autre rythme. Et quelque part, c’est précisément son intérêt.
Pour autant, je ne veux pas qu’on confonde stabilité et immobilisme. Le Sénat examine les lois, les modifie et contrôle le gouvernement. Dire qu’il ne sert à rien serait faux. Sur les lois ordinaires, le gouvernement peut toutefois donner le dernier mot à l’Assemblée nationale après l’échec de la procédure de conciliation. Une révision constitutionnelle exige, elle, l’accord des deux chambres sur le même texte.
Moi, la question que je pose est simple : quelles missions voulons-nous vraiment confier au Sénat ? Davantage de contrôle sur les dépenses ? Une défense plus ferme des libertés locales ? Cette réflexion mérite mieux qu’un réflexe consistant à tout supprimer ou à ne rien toucher.
3. Nouvelle Énergie confirme son implantation territoriale
Et c’est justement parce que les élus locaux votent que le résultat de Nouvelle Énergie m’intéresse autant. On nous explique encore que nous serions un petit mouvement sans implantation. Très bien. Mais regardons les résultats.
Dans son bilan des sénatoriales, Nouvelle Énergie félicite treize candidats élus ou réélus avec son investiture ou son soutien, ainsi que Stéphane Sautarel, membre du mouvement, réélu dans le Cantal. Quatorze élus au total, membres, investis ou soutenus. Cela ne signifie pas qu’ils sont tous adhérents ni qu’ils constituent un groupe parlementaire Nouvelle Énergie.
Mais politiquement, ce résultat compte. Dans les Alpes-Maritimes, en Haute-Savoie, dans le Var, dans l’Ain ou dans les Ardennes, le mouvement s’appuie sur des élus de terrain. Notre présence ne se limite pas à X ou aux plateaux télé. Elle existe dans les communes et les départements.
David Lisnard est maire de Cannes et président de l’Association des maires de France. Son expérience et ses relations avec les élus locaux ne sont pas un détail. Pour construire une force capable de gouverner, il faut des idées, mais aussi des femmes et des hommes qui connaissent le terrain. C’est aussi pourquoi je soutiens David Lisnard.
4. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’avantage du sortant saute aux yeux
Cette importance des relations locales se voit aussi dans mon département. Jean-Yves Roux, sénateur sortant radical de gauche, a été réélu dès le premier tour avec 59,96 % des suffrages exprimés, soit 334 voix. Stéphanie Colombero, candidate divers droite, arrive deuxième avec 21,90 %, soit 122 voix, selon les résultats rapportés par Alpes 1.
Attention : ces 59,96 %, ce sont les voix des grands électeurs qui se sont exprimés, pas celles de l’ensemble des habitants du département. Et je ne vais pas prétendre que ce score prouve à lui seul un mauvais fonctionnement de l’institution.
En revanche, il rappelle le poids du sortant. Quand ceux qui vous réélisent sont principalement des élus locaux, les relations entretenues pendant le mandat comptent énormément. Pour un nouveau candidat, la marche est haute.
Représenter les territoires suppose évidemment de travailler avec les maires. Mais je veux qu’on puisse discuter de l’équilibre entre ce travail et la préparation permanente de sa réélection. Le sujet mérite d’être posé, sans caricaturer les personnes.
5. Une droite qui ne s’assume pas finit par ne plus convaincre
Ce résultat local ne suffit pas à expliquer, à lui seul, toutes les difficultés de la droite. Mais il me ramène à une conviction beaucoup plus large : on ne reconstruit pas une force politique en cachant ce qu’on défend.
Pendant des décennies, une partie de la droite a accompagné les déficits, la hausse des dépenses et l’empilement des normes. Et maintenant, elle découvre la dette et nous explique qu’il faudrait être courageux. Mais enfin… Il fallait l’être quand vous aviez le pouvoir.
Moi, je ne veux pas quelques amendements au socialisme ambiant. Je veux une droite qui assume le mérite, le travail, la responsabilité, la baisse des dépenses et la liberté. Pas une droite qui reprend les recettes de la gauche en promettant simplement de mieux tenir les comptes.
C’est cette rupture que je défends avec Nouvelle Énergie et que j’ai développée dans mon article sur le programme de liberté de David Lisnard. Avoir des élus est une force. Encore faut-il savoir pour quoi on veut gagner.
Ces sénatoriales nous donnent une photographie du pouvoir local français. Elles montrent aussi que Nouvelle Énergie dispose déjà de relais concrets. À nous de transformer cet ancrage en une politique qui rende aux Français leur argent, leur liberté et la responsabilité de leur avenir.
Devenons propriétaires de nos vies.






















